LES LIVRES

NOCES D'ENCRE A TIPASA         VIENT DE PARAÎTRE en EBOOK sur AMAZON kindle (4,40 euros)  Le  livre broché sortira prochainement si tout va bien !


         
NOCES D'ENCRE A TIPASA: roman

             RESUME :

            A Manosque, en Haute-Provence, sept destinées gravitent autour d’un livre voyageur (book-crossing).

            La littérature, mais aussi la musique, tissent des liens entre les personnages qui font avancer le récit en devenant chacun son tour le narrateur.

                                        L’histoire rend hommage à l’écrivain Albert Camus et, à travers une amitié franco-algérienne, à la culture méditerranéenne.

 Il y est question du plaisir de lire, du besoin de protéger les livres qui sont notre patrimoine culturel, mais aussi de musiciens, d'amitié, de partage et d'amour.

 Des thèmes plus durs, comme la violence conjugale,  et quelques allers-retours sur l'Histoire (la coopération, les harkis, Mèdecins sans Frontières, le conflit palestino-israélien...) ancrent

 ce livre dans l'époque correspondant au tout début du vingt et unième siècle.


Pour vous donner envie de le lire, voici, en extrait, le prologue du livre :


      
                                                                                  PROLOGUE

   

                                        Tout vaut mieux que l'enfermement. Tout est préférable à ce trou noir dans lequel j'ai croupi si longtemps. Anonyme. Neutralisé.

 

            On m’a rendu la liberté. J'ai passé la nuit sur ce banc.

            Encore heureux qu'il ne soit pas situé dans un jardin public. La rosée aurait vite eu raison de ma couverture. Je ne m'en serais pas remis. Nous sommes trop fragiles. Je veux dire, notre enveloppe est fragile. Pour le reste...

            Ma pensée, la parole que je porte est depuis longtemps pérennisée. Que l'on me détruise, nous sommes encore des milliers à la transmettre. Elle nous survivra. Sur le papier mais aussi dans les mémoires. Ma destruction ne serait pas une mort.

           

            Je suis pourtant là ce matin, sur ce banc, dans l’attente d’un regard, d’une main qui se tendra. J'espère éveiller la joie, je redoute l’indifférence.

 

            Le premier passant s'est avancé. Il tenait entre ses doigts une baguette de pain délicieusement odorante. Il avait le regard fixe et marchait, souple et volontaire, avalant la distance d'une enjambée décidée et cependant si légère, qu'à tout                         moment, on aurait pu s’attendre à le voir décoller.  J’ai pensé qu’il ne regardait rien, qu’il ne m’avait pas vu.

            Pourtant, soudainement, il a suspendu son pas.

            Un petit bond de côté, et, pareil à l'oiseau qui, demeurant circonspect, approche une friandise, il a tendu le cou vers moi.

            Il a hésité quelques secondes puis il a secoué la tête et repris, hélas, son envol.

            Etais-je vraiment déçu ? Bah ! S'il m'avait remarqué, d'autres le pourraient après lui.

            Tout à coup, était-ce dû à cette clarté délicate qui venait juste de faire miroiter la vitrine en vis à vis, je me suis senti bien. Soulagé de ne pas encore connaître la suite, de ménager le suspense, et rendu heureux par cet espoir qui est le nom plus             noble de l'attente.

            Comment pouvais-je être porteur de tant de pensées et ne pas me souvenir que la plus grande félicité est de se donner entièrement à l'instant ? Puisque tout pouvait arriver, il me suffisait d'être là, offert, ma vieille carcasse emplie d'une                         confiance quasi juvénile.

 

            Plus haut, dans les frondaisons, les oiseaux se chamaillaient bruyamment en ébranlant les ramures. Une feuille s'est détachée. Légère, signant son premier et dernier vol d'une délicate arabesque, elle est venue se poser sur moi. Je n'étais plus                tout à fait seul. Le temps m’est paru moins long.

            Une passante s’est approchée. Elle trottinait, l'air très absorbé mais non point mélancolique, les mains enfouies dans les poches de sa veste.

 Sans avoir levé un regard qu'elle gardait, obstinément rivé sur la pointe de ses chaussures, elle est venue directement vers le banc, s'est assise, téléguidée par une force invisible qui pouvait être celle de l'habitude.

            Pas besoin d'excuse ni de faire les présentations, ce banc était pour elle, elle en prenait possession comme d'une place réservée au balcon d'un théâtre. M'avait-elle aperçu ?

            Un long soupir d'aise a glissé jusqu'à ses jambes qu’elle a étirées aussi loin qu'elle le pouvait, tandis qu’elle rentrait les épaules et croisait les bras.

 Ses yeux seuls n'avaient pas choisi l'immobilité et louchaient de mon côté. J’attendais. Son bras droit s'est enfin allongé, sa main a caressé la feuille de platane, l'a saisie tandis que mon nom, fièrement dévoilé, lui criait mon urgence à éveiller             son intérêt.

            Elle a rapproché ses pieds et redressé le dos, a porté le végétal à ses lèvres puis l'a reposé sur les planches avec délicatesse.

            C'est alors qu'elle m'a saisi, sans hésiter, comme si ce geste  procédait d’ une évidence.

 

            Une nouvelle vie s'ouvrait devant moi.

 

 

                                                                                                        COMMANDES : floraberger@orange.fr 


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PUBLICATION PRECEDENTE : 


  LE CHEMIN COMME IL VIENT, des Alpes à l'Atlantique vers Saint-Jacques de Compostelle 
                                                                                                                 Editions Du Fournel 2014
                                   



                            LIRE EN FIN DE RUBRIQUE ( descendre tout en bas de l'ascenseur) LES EXTRAITS DU LIVRE ET DECOUVRIR

                            QUELQUES-UNES DES NOMBREUSES PHOTOS DE L'OUVRAGE;

          

            
   « Le Chemin comme il vient » relate une aventure pédestre depuis la proche Italie (Briançon) jusqu’à l’océan (Hendaye), soit plus de mille cinq cents kilomètres en suivant principalement deux voies de pèlerinage 
 
   secondaires et encore peu empruntées pour se rendre à Compostelle : la première, qui suit la Via Domitia, récemment retracée, traverse les Alpes du Sud et la Provence, jusqu’en Arles, la seconde, la Voie du     

                                                       Piémont   Pyrénéen, récemment remise en exergue, rejoint Saint-Jean-Pied-de-Port.

                           Aucun livre à ce jour n’a fait état de l’itinéraire ainsi enchaîné, avec un tronçon intermédiaire de trois cent trente kilomètres par les canaux (Canal du Midi) entre Saint-Gilles et Narbonne et pour finir, la traversée du Pays Basque jusqu’à l’Atlantique.

 Ce périple relate en outre les expériences diverses vécues par la conteuse : équipe de deux femmes avec deux ânes et un chien, puis deux femmes en VTC, Flora seule avec son âne et en autonomie un mois durant, puis tout à fait seule en expérimentant l’accueil réservé aux pèlerins.

 Un vœu accompagne la marcheuse dans les épreuves, l’invite à vivre autrement ce qui se présente, à prendre, non plus le taureau par les cornes, mais bien au contraire, le chemin comme il vient.

 Sans complaisance, avec juste ce qu’il faut de recul et d’humour, de doute et de foi, la pèlerine entraîne son lecteur sur un chemin d’humanité.



 
  
PUBLICATIONS ANTERIEURES :


 
Collection « Les aventures de Julie et Biscotte »  aux éditions « Le Lutin Malin ». Pour les 9/12 ans.

1- Le loup des Monges

Le loup des monges
1er volet des aventures de Julie et Biscotte.

Ce roman. se déroule dans le massif des Monges, près des Clues de Barles (Alpes de Haute Provence) :

Une petite fille, en vacances chez son oncle, berger, se trouve confrontée, en compagnie de sa petite chienne, à la présence des loups dans ce massif.
Entre rêve et réalité, autour d'un sujet épineux traité ici avec délicatesse et suspense. Illustrations J.F Lasnier.

 Format 11x22, 95 pages, 8 €.


2- La louve du Queyras

Ce roman est la suite du précédent, Le loup des Monges. Son propos est plus mûr.

Retrouvons Julie et sa petite chienne dans les passages superbes du Queyras. Son attirance pour les loups va être mise à rude épreuve. Au cours d'une banale course d'orientation au départ de Saint-Véran, ele va sauver un louveteau d'un piège odieux, et percer le secret qui «étouffe» son père depuis des années. Confrontée à la réalité laborieuse du métier de berger et à la nécessité de protéger les espèces en danger, la fillette s'interroge ! 
Faut-il inévitablement choisir entre l'animal et l'homme ? Ne peut-on pas trouver une solution satisfaisante à la fois pour les bergers et les loups ? 
Illustrations Francette Bourette. 95 pages, 8 €.


 
3- Mystere sur l'Alpage 
 
Ce nouveau rendez-vous avec Julie et Biscotte nous entraîne dans les Alpes du Sud, dans l'univers des alpages et d'un refuge de haute montagne. Un avion s'y est écrasé jadis sur le Massif de l'Estrop. Le pilote blessé a disparu. A-t-il pris la fuite ? Que cachait-il ? La montagne peut-elle après tant d'années restituer quelque trésor ? Julie, dont le frère Loic va passer l'été comme gardien du refuge, en profite pour mener son enquête, guidée par Nils, le berger qui n'a que dix-sept ans.
 
Illustrations de Jeanine Roman. Éditions le Lutin Malin. Prix 8 €.





4- Le cristal des Ecrins

Julie, à travers une enquête très rythmée, remonte l'histoire de son arrière-grand-père et de son grand-père et entraîne le lecteur dans le monde fabuleux des cristalliers, ces hommes intrépides qui allaient autrefois chercher les cristaux de quartz et autres minéraux dans les montagnes, au péril de leur vie, et par simple passion.
 
Ce quatrième épisode des aventures de Julie et Biscotte est un voyage dans le passé des Alpes du Sud, (Massif des Ecrins, Vallée de l'Ubaye) Il entraîne le jeune lecteur dans un univers haut en couleurs : du tailleur de pierres piémontais au mineur de l'Oisans, des chasseurs de chamois aux premiers guides de haute montagne, les hommes de la famille ont connu une époque héroïque. Mais un secret pèse sur leurs épaules, que Julie va vouloir percer, par amour pour son grand-père, et toujours en compagnie de Biscotte, son inséparable petite chienne.
Illustrations Jeanine Roman  Editions Le Lutin Malin 8€
 
5- Le chant des loups
 

Voici le cinquième récit des aventures de Julie (toujours 10 ans !) et de sa petite chienne Biscotte.

Des faits étranges se produisent à la fois dans le massif des Monges (Alpes-de-Haute-Provence) et dans celui du Mercantour (Alpes Maritimes).

Un personnage mystérieux a été repéré dans les montagnes. A-t-il un rapport avec les loups, toujours plus présents ? Connaît-il leur langage ? Ou bien encore est-il un loup –garou ?

Julie et ses proches, tout en menant l’enquête, nous font partager l’univers des bergers, de leurs chiens, un monde qu’il faut protéger pour que ne s’éteigne pas une des plus anciennes et des plus merveilleuses professions au monde.

Illustrations Janine Roman, Editeur : Le Lutin Malin ; 8€


 

Contes des animaux fabuleux et symboliques ( pour adultes et grands enfants)

L'ouvrage vous invite à entrer dans le monde merveilleux du conte, que l'on découvre avec son coeur d'enfant, mais qui propose une deuxième approche, plus fine, plus réfléchie. À chaque histoire ses héros, leurs quêtes, leurs espoirs, leurs aventures... Mais derrière les personnages, les objets, les noms, se cachent des symboles dévoilés après chaque récit et qui leur confèrent une dimension nouvelle, une force et une lumière supplémentaire. Les animaux dont il est question sont eux-mêmes des êtres fabuleux que l'on retrouve ici et là, à travers les temps et les cultures de différents continents. Ils sont porteurs de sens. Cet ouvrage est une vraie rencontre entre deux univers : celui de Flora Berger la conteuse, onirique, étrange et familier à la fois, celui de Paul Bergasse l'illustrateur, baroque, riche et tellement original. Tous deux mettent leur talent au service d'un langage universel : celui de la symbolique, commun à tous les peuples de la terre.

 Éditions Du Fournel. Prix 17 €..
 

Raga (roman adultes et adolescents)

Roman pour adultes
Comment une musicienne de Haute-Provence a-t-elle pu écrire le même air de musique qu'un musicien hindou du Radjasthan, alors qu'elle n'a jamais été en Inde et qu'ils ne se connaissent pas ?
 
En compagnie d'un photographe d'Aix en Provence qui va établir le rapprochement, elle partira à la recherche de cet homme. Leur voyage se déroule à la poursuite de ce Raga qu'ils entendent et perdent tour à tour. Une quête amoureuse pour l'un, une quête de soi pour l'autre, dans une histoire très musicale.
 
Format 15x21 200 pages, 15 €. Messagers Ass, éditeur.



Rêves de Pierre en Haute Provence ( grands enfants, adultes)

Un guide magique sur les sites les plus accessibles de la réserve géologique de Haute-Provence, avec sept contes certains assez philosophiques.
Les lire sur les sites est certainement la meilleure façon de découvrir et les sites et les contes !
  
Illustrations Michel Boutin. Format 15x22, 72 pages, 8 €. Réédition Messagers






Montagne de contes ( jeunes enfants)

Contes écrits par des enfants de 5 à 10 ans avec Flora Berger intervenue en tant que conteuse et pédagogue dans les écoles. Tous sur le thème de la montagne, illustrés par Michel Boutin.
 
Le livre peut être colorié et les dernières pages sont consacrées à une méthode permettant d'écrire un conte soi-même.
 
Format 21x29,7, 66 pages, 10 €. Ass. Messagers éditeur.



Tous derriere et lui devant  ( épuisé )

Une conteuse et un âne sur le chemin des écoliers.
 
Flora Berger a cheminé une semaine à travers les montagnes, de Digne les Bains à Colmars les Alpes, avec un âne gris de Provence, à la rencontre des écoliers venus la rejoindre pour écouter ses histoires d'ânes !
 
Une façon de sensibiliser les enfants à la préservation d'une race qui tendait à disparaître, et qui, depuis, a été reconnue par les haras d'Uzes. Un récit palpitant illustré de photos.
 
Format 15,5x24, 160 page, 15 €. Messagers Ass. Editeur.

Secret de cime (roman adultes)

Secret de cime


Ce roman entraîne le lecteur dans les milieux de l'escalade et de l'alpinisme, des Alpes du Sud (Verdon, Mont Aiguille), à l'Himalaya du Népal.

Deux aventures se mêlent : le récit d'une expédition himalayenne sur une cime sacrée, et l'aventure que représente pour Claire la rédaction du livre relatant cette conquête. Amour, suspicion, joies et tourments donnent à cet ouvrage une dimension très humaine. On partage la passion de l'auteur pour la montagne, et son regard sur cette région de l'Everest où elle a senti battre le cœur des sherpas.

264 pages, 17 €. Messagers éditeur.


Contes et nouvelles de la ruche  CD et livre (grands enfants, adultes)

Contes et nouvelles de la ruche


Contes enregistrés sur CD audio et réédités en livre.(au choix)

Découvrir l'essentiel de la vie des abeilles sans se priver du rêve et de la poésie, c'est le pari réussi de cet ensemble de contes écrits et dits par Flora Berger.

Entre chaque conte, une courte improvisation sur des flûtes du tour du monde.

le CD de 9 contes avec un livret : 17 €. le livre : 7€   Messagers éditeur.



 

Dans les pas de Stevenson, la drôle d'équipée du Velay aux Cévennes. (adultes)

Nos deux ânes Pistou et Praline



Ce récit relate un voyage pédestre effectué par Flora en compagnie d'une amie, avec ses deux ânes et sa chienne, sur le sentier GR 70 dit «de Stevenson», en juin 2003.

Aventure à la fois simple et complexe, avec des séances de contes tout au long du chemin. Un style enlevé et sincère, mêlant l'humour à la curiosité, et des citations tirées du récit que fit Stevenson sur le même itinéraire.

Cinquante photos couleur. 159 pages format 16x24, 17 €. Editions du Fournel





                                                                     




                     

                                 

EXTRAITS DU LIVRE : " LE CHEMIN COMME IL VIENT"   Des Alpes à l'Atlantique  vers Compostelle.

                                                                                        
                                                             

Hautes-Alpes


"...Cinq heures. Le froid me saisit, tandis que de petits nuages roses tout effilochés s’attardent là-haut comme des écharpes oubliées par les derniers fêtards. S’extraire du duvet, dont l’extérieur est aussi trempé qu’une éponge ! Dieu merci, j’avais laissé mes chaussettes au sec, sage précaution. Je souris en mon for intérieur. C’était tout de même une expérience à vivre, d’autant que les nuits suivantes  se passeront sous un toit. Un peu plus tard, retrouver le bistrot de la veille fleure déjà bon les petites habitudes. Une odeur de torréfaction vient me titiller les narines tandis que je profite du lavabo pour m’asperger le visage. Ce geste est pour moi essentiel, indispensable à mon éveil, presque rituel. La journée peut alors commencer. La boulangerie vient d’ouvrir ses portes. Quelle coquetterie gustative vais-je m’offrir ?  Livré à soi-même, on peut se négliger, ou, au contraire, saisir la moindre occasion pour se rassurer en prenant soin de sa personne, c'est-à-dire, du seul véhicule dont on dispose !

C’est d’un bon pas que je traverse le village, prête à en découdre. Le matin, on est empli de confiance. On ne doute de rien. L’aube est porteuse de promesses. On est semblable à tout ce qui nous entoure et comme nous, se met doucement en branle. On est en symbiose avec  la fleur qui s’ouvre, au diapason du Tout Possible... "


Alpes-de-Haute-Provence 

"...Les petites routes ne sont pas des axes franchement désagréables sauf quand il fait trop chaud et que la pente ne laisse aucun répit. C’est le cas. Pas la moindre trace d’ombre pendant des kilomètres et le soleil, de plus en plus brûlant en se rapprochant du zénith. Pas le moindre point d’eau non plus et ma gourde qui se vide inexorablement. J’avance au rythme du trio infernal : côte, goudron, chaleur sur lequel je reviendrai souvent.

Surtout ne pas se plaindre ;  je suis ici parce que je l’ai voulu. Le meilleur moyen de passer une épreuve ou un désagrément est de l’intégrer, de s’appliquer à le franchir comme une barrière dans une course d’obstacles.  Le sage Tchouang-Tseu l’énonçait d’une façon encore plus radicale plusieurs siècles avant  J-C : « Laisse-toi porter par ce qui arrive et garde l’esprit libre. Reste concentré sur l’acceptation. C’est là le but ultime. » Dieu sait, aussi bien que mes proches,  si ce précepte est pour moi une visée particulièrement  difficile à conquérir, car j’ai hérité d’un tempérament plutôt râleur, et c’est pourquoi j’en ai fait mon vœu sur ce chemin. ..."


.


 

"...Tout comme le désert de sable nous paraît admirable, les paysages arides ne sont pas dénués de charme et de grandeur... Ils répondent à notre besoin de dépouillement et leur pauvreté confère à la moindre plante une noblesse particulière. Nous traversons le lendemain une alternance de croupes argilo-calcaires semblables à de vieux squelettes délavés, et de marnes au teint  de fonte, desquelles émergent, en offrande, les bouquets blancs d’amélanchiers. Les ruines du Vieux Châteauneuf-Val St-Donat surgissent tout à coup à travers les branchages. Ce jaillissement de pierres n’a rien de lugubre, bien au contraire ; il paraîtrait presque joyeux dans la clarté vive. Dire que je n’étais jamais venue ici, malgré toutes mes incursions dans l’arrière pays ! 
 Le sentier bordé de petits chênes verts serpente en balcon au-dessus de larges champs cultivés dont le vert tendre offre un coup d’œil rassérénant. Nous foulons avec respect les calades régulières de la Via Domitia dont l’implantation, à la verticale, m’a toujours impressionnée : il a dû en falloir un si grand nombre !..."










Canal du Midi
 
"...L’ambiance est avant tout celle que prêtent au canal ses platanes séculaires. Leurs ramures créent une voûte de verdure enveloppante et prodiguent une ombre généreuse. Un lieu paisible sans être austère. La lumière joue sur les eaux à travers le prisme des branchages. Des familles de canards annoncent souvent l’approche d’un village. Ils patinent avec dignité sur l’onde aux reflets chatoyants. On parvient alors à un pont, qui enjambe le canal, et il faut remonter jusqu’à la route pour la traverser. On se souvient tout à coup que l’automobile existe. On se hâte de passer le ruban d’asphalte, puis on se hâte de l’oublier. En vélo, la progression n’est cependant pas franchement confortable : beaucoup de longues racines affleurent ça et là et les ornières se sont multipliées. Plus ici qu’ailleurs, les postérieurs sont mis à rude épreuve, mais le spectacle vaut bien cet effort..."





Ariège  


"...Le ciel pleure toujours sur les misères du Monde, le vent fouette tout ce qui peut l’être mais nous sommes relativement préservés de leurs caprices. La pluie cependant, redouble d’ardeur. Une gouttière mal accrochée crache avec vigueur à proximité de mon bivouac et je vois un ruisselet se former, se rapprocher peu à peu du campement de fortune. L’idée me vient d’utiliser la « vache à eau » afin de détourner ce flot et bientôt, je peux imaginer que cette nuit sera somme toute aussi reposante que les précédentes. Il n’empêche : jamais je ne me suis sentie aussi proche des clochards. Je vais dormir à l’emplacement d’une automobile, à même le sol, dans une rue de village. On peut même m’apercevoir depuis la maison en face. J’éprouve un sentiment très étrange, mélange d’humour et de compassion envers moi-même, assaisonnée d’un soupçon de honte. Mélange de fierté, oui, je m’en sors toute seule, et de découragement : ce voyage prend des allures de débâcle. Ah ! Si ma mère me voyait !..."


Albigeois, Midi-Pyrénées 

"...Au hameau de Capet, les maisons ne se bousculent pas. Celle de Gilles est posée là depuis des générations. Il habite avec sa maman, légèrement handicapée. Il s’avance, prêt à rendre service ; un sourire ensoleille sa bouille de grand garçon heureux de vivre. De l’eau ? Oui, il y a même un seau pour l’âne. Est-ce que j’ai besoin d’autre-chose ? Des œufs me feraient plaisir ? Pas de problème, ils ont une trentaine de poules. Pas question de me vendre quoi que ce soit ! Il me les donne. Mais ne serait-ce pas plus commode s’ils étaient cuits ? Sans attendre ma réponse, il va s’en occuper. Nous sommes dans la cuisine, il met une casserole sur le feu, me sert à boire puis va chercher un melon et tant qu’on y est, des tomates. Aux deux œufs durs, il ajoute deux œufs frais « par ce que c’est bon aussi ». Un autre jeune paysan, la trentaine, lui rend visite accompagné de son gamin. La maman de Gilles sort de sa chambre et nous voici tous réunis autour d’un sirop et d’un paquet de biscuits. Tant de générosité ! De simplicité ! Je le connais depuis cinq minutes et suis aussi détendue qu’avec un vieil ami, laisse libre cours à une familiarité teintée d’humour : «  Si vous rencontrez une femme, gentil comme vous êtes, j’espère que vous ne tomberez pas sur une peau de vache ! » Tout le monde rit de ma remarque, car il élève aussi des bovins : « Oh, vous savez, moi, me répond mon célibataire, hilare, je me marie tous les jours avec mes vaches… ! » Au moment de se séparer, il déclare, radieux : «  N’oubliez pas Gilles, Gilles de Capet ! » ..." 

        

  En Ariège, l'accueil petit dèj'


Baronnies des Hautes-Pyrénées

"...Mes pieds sont aujourd’hui contents de leur sort : nous longeons une forêt, les pas s’enfoncent délicieusement, au gré d’un sol meuble, nourri d’aiguilles de pin. De temps à autre, le couvert boisé ouvre une fenêtre sur les sommets au loin, et les villages blottis tout en bas dans un vaste écrin de verdure. Des bogues, ça et là, jonchent le sol : ces hérissons miniatures me rappellent, souvenir ineffable, la traversée des Cévennes. La température est idéale, la menace d’orage, une lointaine plaisanterie. Mon émerveillement va croissant quand, gravissant progressivement la montagne entre deux gros mamelons, je les découvre, sur l’autre versant, entièrement recouverts de fougères, d’où émergent seulement, le nez en l’air, quelques digitales mauves. Ce tapis de hautes feuilles vertes frangées, se déroule jusqu’au fond des vallons et vient buter contre la masse des pins, d’un vert profond, presque inquiétant. Les grillons et autres joueurs d’élytres sont en répétition générale. Leur chœur est si puissant qu’il vous étourdit. Je parviens à apercevoir l’un de ces petits soldats caparaçonnés de noir et le glisse dans ma main pour le photographier. Splendeurs de la création, les insectes méritent d’être observés de très près. Mon cricri est une œuvre d’art....."


Béarn , Soule

"...A la sortie de Prechacq, un pont en pierre enjambe, protecteur, un cours d’eau calme et suffisamment profond pour y nager. J’ai bien hésité, fini par y tremper mes jambes en dévorant le congolais acheté la veille, mais l’heure tourne : « Tu n’y seras jamais avant quatorze heures, alors profite de l’instant présent, baigne toi donc ! » me soufflent  raison et sensualité qui pour une fois, sont sur la même longueur d’onde. Mais non ! Mon projet d’anniversaire aiguille encore ma volonté : il faut essayer d’arriver ! La forêt, les fougères, les palombières… j’ai bien fait d’avaler deux œufs ce matin, ils tiennent au ventre… la forêt toujours, chemin de terre, les descentes raides, les cailloux, je me sers de mes bâtons comme de deux perches, économise pieds et genoux en me propulsant à l’aide des bras…les ampoules me brûlent, je souffre, je chante, j’avance. J’ai cavalé six heures de rang et parviens soudain, sans m’y attendre, à destination. Passé un petit pont de bois tout neuf, on vient presque buter contre la chapelle, à dix mètres du restaurant,  sans avoir ni à chercher, ni à marcher encore. Il est quatorze heures trente : on accepte de me servir. Un quart d’heure plus tard, c’eût été trop tard !..."


Pays Basque  

"...La sente est à présent parfaitement rectiligne : vue à 360°. Pareilles à nos Préalpes, les montagnes ici ne sont pas des barrières au front sévère, elles sont, perles avenantes, un collier au cou du Pays, ou bien encore, joyaux sur son chef, une couronne. Au loin, serait-ce la silhouette d’un cheval noir et blanc qui remue la queue ? Illusion d’optique ! En m’approchant, je réalise ma méprise : la queue était la casquette blanche d’un marcheur qui brinquebalait, accrochée à son sac, dans son dos. Le cheval bicolore s’avère être les deux silhouettes : le monsieur vêtu de sombre et la dame en tenue estivale. Rencontrer d’autres marcheurs fut si rare que je n’ai même pas songé à cette éventualité ! D’ailleurs, tout juste aperçu, le couple disparait, englouti  par l’incurvation de la colline.

            Devant moi, l’infini du chemin : le brun de la terre vient buter contre le bleu nocturne d’un ciel orageux. On s’attend à tout moment à ce qu’ils se fondent l’un dans l’autre pour donner naissance à une harmonie nouvelle, que viendrait alors piqueter le vert mat des fougères, en lambeaux étoilés. Ce chemin rectiligne semble conduire aux portes du ciel...."



Hendaye

"... Bien sûr, ce n’est pas encore Compostelle, mais tout de même : de la proximité de l’Italie à la lointaine Espagne, j’en ai vu des paysages, j’en ai croisé des gens et vécu des aventures ! Il ne fait aucun doute que j’ai bouclé un itinéraire complet : cette traversée sud de la France qui appartenait aussi à mon rêve.

          Le voyage présent peut-il encore me réserver des surprises ? M’envoyer des clins d’œil, pour sûr ! Le soir venu, sans quitter le quartier Saint-Vincent, je rencontre un couple au restaurant.  J’ai tout de suite reconnu à son allure que la dame était de ma trempe. Quelques mots échangés, et j’ai fini mon dessert à leur table. Ils ont parcouru plusieurs Chemins de Compostelle mais aussi plusieurs pays d’Asie. Leur orientation d’esprit est sans doute plus proche d’Alexandra-David-Neel que de Mère Térésa, mais la discrimination n’a pas cours quand on arpente le Monde. Nous aurions pu parler longtemps…"



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